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©2018 par Jonathan Dagenais.

Polytechnique

Orchestre à vents (harmonie)

2011

ANNÉE DE COMPOSITION : 

FORMATION MUSICALE :  

MAISON D'ÉDITION :

HAFABRA Music

DURÉE :

GRADE : 

15:55

5

C'est l'histoire d'un homme debout au milieu d'un immense espace couvert d'un oppressant brouillard sombre et dense. Debout et surtout seul au milieu de sa psyché opaque et confuse, réduit à une peur qui ne mène qu'à la haine. C'est aussi l'histoire de quatorze jeunes femmes debout contre un mur blanc. Debout et terrifiées, seules elles aussi, au milieu d'une tempête cauchemardesque. Debout et terrifiées. Puis étendues et inconscientes devant un mur rouge. Transpercées, pour toujours immobiles et légères... C'est l'histoire de quatorze jeunes âmes flottant calmement entre ciel et terre sur l'océan immuable de l'Incompréhensible. C'est au coeur des abysses troublantes d'humanité de cet océan que Polytechnique, le second opus de grande envergure du jeune compositeur Jonathan Dagenais, nous plonge. Première section - Opacité et confusion Tout est noir et indéfini. Au début était la lumière, pourtant, mais le souvenir de cette lumière s'estompe de plus en plus. On n'en croise maintenant que des rayons perdus, furtifs et froids, emportés malgré eux par le ballet pesant qu'ont créé la Confusion et son amant, le Doute. Les mots ont perdu leur sens et défilent maintenant en une ribambelle de lettres tristes et lamentables. Le Bien et le Mal s'emportent l'un l'autre dans une danse lente et lascive pendant que la Beauté et la Laideur s'embrassent avec cynisme. La matière s'atomise, se désagrège, emportant avec elle le sens et la raison. Ne restent que terreur, malaise et lourdeur. Et cet homme seul, debout, hors de lui-même et du monde. Seconde section - Terreur et cauchemar Tout est blanc et clair. Ici, entre ces murs, un soir froid de décembre, règnent encore la lumière et la vie pour quatorze jeunes femmes et leurs compagnons de classe. Puis la lumière autour d'elles a été déchirée par les cris. Leur vie mise en lambeaux par la folie et la haine. Il est arrivé, seul, hors de lui-même et du monde. Maintenant, tout est rouge et noir. Les jeunes femmes ne sont plus debout. Elles sont au sol, affaissées. Les murs sont maculés de sang et la lumière s'est éteinte. Nuit. Troisième section - Incompréhension et méditation Plus rien n'est, maintenant. Les murs ont été nettoyés, les dépouilles enterrées, les larmes essuyées. Que reste-t-il de ces quatorze jeunes âmes envolées? La folie s'éteint, rassasiée. Le cris cessent. La paix, de retour d'un long et douloureux périple, regagne lentement le coeur de ceux qui sont restés, témoins. Le brouillard se lève, cédant la place à un ciel lumineux comme jamais, traversé de nuages d'un gris triste. La vie continue son immuable cours. Il est encore possible d'entendre, certains soirs de décembre lorsque tombe lentement la neige, l'appel troublant et calme de ces quatorze jeunes victimes, comme quatorze tintements de cloche. Puissent-elles faire doucement résonner la vie même au travers de l'obscurité et la mort. Texte de David Leroux